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Madagascar : 18 groupes électrogènes en urgence, quelles garanties pour les opérations BPO ?

Le gouvernement malgache a imposé à la JIRAMA l’achat direct de 18 groupes électrogènes auprès d’un fournisseur russe, sans appel d’offres, pour répondre aux délestages d’Antananarivo. Ni le prix ni la date de mise en service ne sont publiés. Pour un donneur d’ordre européen, l’annonce ne remplace aucune des preuves de continuité à demander à son prestataire.

Groupes électrogènes alignés dans un entrepôt, illustration de l’achat de 18 groupes électrogènes par la JIRAMA à Madagascar
Par Setraniaina Andrianajason Publié le 9 octobre 2026
7 min de lecture
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Sommaire
  1. Ce que le Conseil des ministres a décidé le 6 octobre
  2. 18 groupes électrogènes, 18 MW sur le papier
  3. Pays, site, prestataire : trois niveaux à ne pas confondre
  4. Quelles preuves d’autonomie énergétique demander au prestataire ?
  5. Ce que cela change pour vous
    1. Vous avez un contrat en cours
    2. Vous consultez des prestataires
    3. Vous êtes prestataire
  6. Signez sur des heures d’autonomie mesurées, pas sur une annonce
  7. Sources et références
  8. FAQ - Questions sur les groupes électrogènes de la JIRAMA et la continuité BPO

Mardi 6 octobre, le Conseil des ministres malgache a réquisitionné la JIRAMA. La compagnie nationale d’eau et d’électricité doit acheter 18 groupes électrogènes diesel à un fournisseur désigné d’avance, la société russe Malmekhservice.

La décision tombe en pleine période d’étiage, quand les barrages produisent moins et que le réseau d’Antananarivo manque de puissance. C’est dans la capitale que se concentrent les prestataires tournés vers les clients européens, et les coupures y durent plusieurs heures par jour.

Une entreprise qui y a confié son service client se pose une question simple : ces machines protègent-elles sa prestation ? Pas à ce stade. Elles ne sont ni livrées ni installées, et une capacité annoncée n’a jamais valu engagement de service. Reste à trier ce qui est établi, ce qui ne l’est pas, et les vérifications qui vous reviennent.

En bref La décision du 6 octobre porte sur 18 MW théoriques, face à un déficit de 16 à 20 MW relevé la même semaine à Antananarivo. Aucune date de mise en service n’est publiée. La continuité d’un contrat BPO se vérifie donc sur le site du prestataire : autonomie mesurée, tests de bascule datés, coût du secours écrit au devis.

Déclaration d’intérêts : le fondateur d’ExternFlow a aussi fondé LAPLUME.MG, prestataire de BPO établi à Madagascar.

Ce que le Conseil des ministres a décidé le 6 octobre

Le Conseil parle de « taky baiko », la réquisition : un terme qui sonne, écrit Midi Madagasikara, comme un ordre à exécuter sans discussion. La JIRAMA traite de gré à gré, sans appel d’offres, avec une société de droit russe. L’état d’urgence énergétique, reconduit le 29 septembre, autorise ces procédures allégées.

Une réserve sur les sources : le communiqué officiel n’était pas consultable en ligne le 9 octobre. L’information vient de trois quotidiens malgaches (Newsmada, Midi Madagasikara, Madagascar Tribune), concordants sur le nombre, le fournisseur et la procédure. Le reste manque.

  • Montant du contrat : ni prix ni mode de financement.
  • Calendrier : aucune date de livraison ni de mise en service ; « la procédure d’importation est encore en préparation », écrit L’Express de Madagascar.
  • Répartition : Antananarivo seule selon deux titres, Antananarivo et Toamasina selon Newsmada.
  • Carburant : aucune précision sur l’approvisionnement des machines.

18 groupes électrogènes, 18 MW sur le papier

Chaque machine délivrerait 1 MW en continu. Le chiffre vient d’une « source proche du dossier » chez Newsmada, d’un technicien de la JIRAMA dans les deux autres titres. Le total de 18 MW est un calcul, pas une mesure.

En face, la JIRAMA annonçait un déficit de 16 MW le 6 octobre, puis de 20 MW le lendemain, d’après Newsmada. L’Express de Madagascar l’évalue à environ 18 MW début octobre. À pleine puissance, les 18 groupes couvriraient donc tout juste le déficit du jour, sans aucune marge.

Encore faut-il qu’ils tournent. Un groupe diesel brûle du carburant, et la JIRAMA vend déjà son courant à perte. Le kilowattheure lui coûte environ 1 225 ariary à produire pour 795 à la vente, selon L’Express de Madagascar. Pour Tiana Rasamimanana, président du Syndicat des industries de Madagascar cité par le quotidien, « les groupes électrogènes ne règlent qu’une partie du problème ».

Côté abonnés, la JIRAMA annonçait deux heures de coupure le 6 octobre et trois le 7. Midi Madagasikara et Madagascar Tribune évoquent quatre à six heures par jour, parfois davantage. Une décision d’achat ne produit aucun kilowattheure : rien ne change tant que les machines ne sont pas raccordées.

Pays, site, prestataire : trois niveaux à ne pas confondre

La continuité d’une prestation se lit à trois niveaux. L’annonce du 6 octobre n’en touche qu’un.

Niveau Ce qu’il mesure Ce que l’annonce y change
Pays Capacité de production du réseau national 18 MW théoriques, à une date inconnue
Site Heures de coupure subies par l’immeuble du prestataire Rien de mesurable aujourd’hui
Prestataire Secours propre : groupe, onduleurs, carburant, bascule Rien : votre contrat se joue ici

Votre engagement de service est signé avec le prestataire, pas avec la JIRAMA. Dans une même ville, un site équipé et testé en côtoie un autre qui dépend du seul réseau public. La fiche pays consacrée à Madagascar replace ce risque parmi les autres critères.

La tolérance dépend ensuite du service. Un centre de contacts subit la coupure à la seconde : appels perdus, délais de réponse qui s’allongent. Un traitement de factures en différé peut attendre une heure. C’est ce que traduisent les objectifs de reprise à écrire dans le plan de continuité d’un prestataire externalisé.

Quelles preuves d’autonomie énergétique demander au prestataire ?

Demandez des pièces, pas une attestation. Six éléments suffisent à juger un site.

  • Puissance du secours : groupe et onduleurs dimensionnés pour tout le plateau, climatisation comprise.
  • Réserve de carburant : volume stocké, heures de marche à pleine charge, réapprovisionnement.
  • Journal des bascules : date et durée de chaque passage sur secours.
  • Test en charge : dernier essai daté, postes allumés, avec compte rendu.
  • Contrat d’entretien : périodicité des visites, pièces de rechange sur place.
  • Seuil d’alerte : durée de coupure à partir de laquelle le prestataire vous prévient.

Comparez ensuite un seul chiffre aux coupures constatées : le nombre d’heures que le site tient sans réseau. Un secours prévu pour une heure ne couvre pas un délestage de six. La grille d’audit d’un prestataire BPO à Madagascar range ces points parmi les contrôles à mener avant un pilote.

Ce que cela change pour vous

Vous avez un contrat en cours

Relisez les engagements de continuité, puis la façon dont le contrat traite les coupures de réseau dans le calcul du niveau de service (SLA). Un délestage annoncé et récurrent se prête mal à la force majeure, un point à faire relire par votre juriste.

Vous consultez des prestataires

Posez la question du secours dans chaque devis. Groupe, onduleurs et carburant sont-ils compris dans le prix ou facturés à part ? Deux offres au même tarif mensuel ne se valent pas si l’une s’arrête à la première coupure.

Vous êtes prestataire

Carburant, entretien, essais, pièces : ces postes entrent dans votre coût complet, et l’incertitude sur le réseau public les alourdit. Chiffrez-les dans vos offres et montrez vos preuves avant qu’on vous les demande.

Signez sur des heures d’autonomie mesurées, pas sur une annonce

La date de mise en service des 18 groupes dira si l’annonce change quelque chose à Antananarivo. D’ici là, demandez à votre prestataire son journal des bascules, depuis le 1er septembre. Sa réponse, ou son silence, vous renseignera davantage que le communiqué.

La continuité n’est qu’un critère parmi d’autres : la méthode complète figure dans notre guide pour externaliser son service client à Madagascar.

Sources et références

Cet article s’appuie notamment sur l’article de Newsmada du 8 octobre 2026 consacré au fournisseur russe imposé à la JIRAMA, sur le compte rendu de Midi Madagasikara sur la réquisition de la compagnie et sur l’article de Madagascar Tribune sur les 18 groupes électrogènes. Le communiqué du Conseil des ministres n’était pas consultable en ligne au 9 octobre 2026 ; ces trois titres en sont des relais, pas la source première. Les déficits de production, les coûts et la citation du Syndicat des industries proviennent de l’enquête de L’Express de Madagascar sur les mesures d’urgence de la JIRAMA, le cadre de l’état d’urgence énergétique de son article sur la reconduction du dispositif. Le vocabulaire de la continuité est celui de la norme ISO 22301 sur les systèmes de management de la continuité d’activité.

FAQ - Questions sur les groupes électrogènes de la JIRAMA et la continuité BPO

Quand les 18 groupes électrogènes seront-ils mis en service ?

Aucune date n’est publiée au 9 octobre 2026. Selon L’Express de Madagascar, la procédure d’importation était encore en préparation début octobre. Le calendrier reste inconnu, tout comme le montant du contrat.

Les 18 MW annoncés suffiront-ils à arrêter les délestages à Antananarivo ?

Sur le papier, ils égalent le déficit que la JIRAMA estimait entre 16 et 20 MW les 6 et 7 octobre. Cette capacité reste théorique et sans marge : elle suppose 18 machines disponibles en même temps et du carburant en continu.

Un prestataire BPO malgache peut-il assurer la continuité pendant les coupures ?

Oui, s’il dispose de son propre secours : groupe électrogène, onduleurs et réserve de carburant. La preuve tient dans un journal des bascules et un test en charge daté, pas dans une déclaration.

Qui paie le carburant et l’entretien du secours électrique ?

Le prestataire, qui le répercute dans son tarif. Vérifiez que ces postes sont compris dans le devis, faute de quoi deux offres au même prix ne sont pas comparables.

Faut-il reporter un projet d’externalisation à Madagascar ?

Pas par principe. Le risque énergétique se juge site par site, sur pièces, et non à l’échelle du pays. Un projet pilote avec suivi des interruptions donne une réponse mesurée en quelques semaines.

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Par Setraniaina Andrianajason

Je suis Setraniaina, fondateur de LAPLUME.MG et consultant SEO/GEO indépendant via Red Island SEO, depuis Madagascar. Passionné de nouvelles technologies, d'IA et de marketing digital, je partage sur ExternFlow mes analyses sur l'externalisation, le BPO et le référencement.

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