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Sous-traitance en marque blanche : ce que l’agence doit encore au client

Une agence peut livrer sous son nom une production réalisée par un tiers sans lui attribuer une visibilité commerciale. Cette discrétion ne la libère pas de ses engagements envers le client. Elle ne permet pas non plus d’écarter les obligations d’acceptation ou d’information applicables. La loi sur la sous-traitance, le RGPD et les marchés publics doivent être examinés séparément selon les tâches confiées.

Trois collègues examinent ensemble un rapport imprimé dans un bureau lumineux
Par Setraniaina Andrianajason Publié le 22 octobre 2026
13 min de lecture
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Sommaire
  1. Sous-traitance en marque blanche : identifier le montage réel
  2. Loi de 1975 : organiser l’acceptation du sous-traitant
    1. Les obligations prévues par le texte
    2. Le cas des productions marketing
  3. Sous-traitant non accepté : distinguer les risques des parties
  4. Client public et production à l’étranger : deux examens supplémentaires
  5. Données personnelles : le client doit connaître la chaîne pertinente
  6. Erreur du freelance : l’agence reste engagée envers son client
  7. Droits d’auteur : faire concorder les deux cessions
  8. Taire l’exécutant et tromper le client : la limite contractuelle
  9. Contrat client et sous-traité : aligner les engagements
  10. Présenter les intervenants avant la première livraison
  11. Sources et références
  12. FAQ - Questions sur la sous-traitance en marque blanche

Une agence vend une série d’articles ou un site, puis confie une partie de la production à un freelance. Le client reçoit les livrables sous la marque de l’agence et lui adresse les corrections. La sous-traitance en marque blanche repose sur ce décalage entre le producteur visible et l’exécutant réel. L’agence reste l’interlocuteur engagé par son contrat.

Le modèle peut donner une capacité supplémentaire et des compétences utiles. Il exige aussi une maîtrise de la qualité, des délais et des droits. La relation client doit conserver un interlocuteur capable d’expliquer le travail et de le corriger. Le client n’a pas à découvrir, au premier incident, qu’une promesse reposait sur un engagement que l’agence n’avait jamais obtenu du studio.

L’enjeu est donc double : déterminer ce qui doit être déclaré et aligner le contrat client sur le contrat de production. Les textes ne traitent pas uniformément toute revente de services. Une fabrication sur mesure, une licence logicielle et une mise à disposition de personnes demandent des qualifications distinctes. La méthode proposée s’adresse à l’agence qui sous-traite une production pour son client.

Transparence : le fondateur d’ExternFlow exerce également dans les prestations externalisées. Voir la déclaration d’intérêts du média.

Sous-traitance en marque blanche : identifier le montage réel

La marque blanche décrit un fonctionnement commercial, pas un statut légal français autonome. L’absence de logo ne qualifie pas le contrat. Il faut examiner ce qui est acheté, exécuté puis revendu.

Montage Relation à qualifier Examen nécessaire
Articles, site ou visuels sur mesure Contrat d’entreprise et sous-traité Production déléguée sous responsabilité de l’agence
Logiciel standard revendu sous un nom commercial Licence ou distribution Droits et obligations propres à ce contrat
Personnel du studio dirigé par le client Mise à disposition possible Cadre social et risque de prêt illicite

Dans les mots de la loi de 1975, le client est le maître de l’ouvrage, l’agence l’entrepreneur principal et l’exécutant le sous-traitant. Ce dernier devient lui-même entrepreneur principal pour une part qu’il délègue à son tour. La chaîne peut comporter plusieurs niveaux.

La définition de la sous-traitance aide à distinguer ces rôles. L’agence doit pouvoir expliquer ce qu’elle facture en plus d’un freelance : coordination, continuité, contrôle ou autre engagement effectivement fourni. La marge ne constitue pas à elle seule une garantie de qualité.

Loi de 1975 : organiser l’acceptation du sous-traitant

Les obligations prévues par le texte

Lorsque la loi s’applique, son article 3 impose de faire accepter chaque sous-traitant et agréer ses conditions de paiement par le maître de l’ouvrage. Cette obligation accompagne la signature et l’exécution. L’autorisation générale de sous-traiter ne remplace pas cet examen de l’intervenant concerné.

Le même article permet au client de demander communication des sous-traités. Le prix de production peut donc devenir accessible, même si la marge n’est pas habituellement détaillée dans la relation commerciale. La discrétion promise à l’exécutant doit être compatible avec ce droit.

L’article 14 demande une caution ou une délégation de paiement dans son champ, à peine de nullité du sous-traité. Une clause de confidentialité ne remplace pas la garantie. L’article 15 neutralise les stipulations qui font échec à la loi ; il ne faut pas en déduire que toute clause tombe dans toutes les circonstances.

Le cas des productions marketing

Le texte vise le contrat d’entreprise. Une production intellectuelle n’est pas exclue du seul fait qu’elle ne comporte pas de fabrication matérielle. L’arrêt du 26 mai 2004, n° 02-19.629, publié au bulletin, concerne ainsi une prestation intellectuelle dans un programme de construction.

Cet arrêt ne tranche pas le cas d’une agence web. Aucune décision examinée n’applique directement ce cadre à la revente d’une production marketing. Une commande faite sur mesure peut relever en principe du contrat d’entreprise, mais son montage et le champ du texte doivent être qualifiés. Une licence standard suit un autre raisonnement.

Sous-traitant non accepté : distinguer les risques des parties

Le défaut d’acceptation affecte d’abord la protection de l’exécutant et la relation avec l’agence. Connaître le freelance n’équivaut pas forcément à l’accepter selon les conditions légales.

Partie Cadre à examiner Conséquence pratique
Agence Article 3 Reste tenue envers l’exécutant, sans pouvoir lui opposer le sous-traité dans les conditions du texte
Sous-traitant Articles 12 et 13 Action directe encadrée, avec acceptation et sommes encore dues
Client Article 14-1 Obligations spécifiques notamment en bâtiment et travaux publics

Dans l’arrêt commercial du 29 octobre 2003, n° 00-19.056, publié au bulletin, l’action directe exige une acceptation, sans être ouverte par la seule connaissance de l’intervention. La question du champ de la loi ne doit pas être considérée comme définitivement résolue pour le marketing par cette affaire.

Avec les conditions réunies, l’action directe suppose une mise en demeure de l’entrepreneur principal restée sans paiement pendant un mois, dont copie est adressée au maître de l’ouvrage. Le recours reste limité par les sommes disponibles, notamment celles que le client doit encore à l’agence lors de la réception de cette copie, et par les prestations concernées.

Les obligations de mise en demeure du maître de l’ouvrage ne se transposent pas automatiquement hors des activités visées par l’article 14-1. Il faut donc éviter d’annoncer au client une responsabilité générale identique à celle d’un maître d’ouvrage de chantier.

Client public et production à l’étranger : deux examens supplémentaires

Un marché public ne permet pas de garder secret l’exécutant qui intervient comme sous-traitant. La déclaration identifie notamment sa structure, les prestations et les conditions de paiement. Acceptation et agrément précèdent l’exécution concernée selon les règles applicables.

Le paiement direct est prévu dès 600 euros TTC pour le sous-traitant direct accepté et dont les conditions sont agréées, sous réserve du régime du marché. Certaines tâches essentielles peuvent être réservées au titulaire. Le client public doit pouvoir identifier la chaîne, même si le livrable porte seulement l’identité commerciale de l’agence.

L’intervention étrangère ajoute la loi applicable et les liens de rattachement avec la France. L’arrêt commercial du 20 avril 2017, n° 15-16.922, publié au bulletin, examine cette question de rattachement. Un client français ne règle pas seul le régime d’une production exécutée intégralement hors de France.

Aucune décision examinée ne fournit une réponse uniforme pour ce montage marketing international. La loi applicable au contrat offshore doit être rapprochée des règles impératives et des conditions de production. Une clause de choix de loi ne dispense pas de cet examen.

Données personnelles : le client doit connaître la chaîne pertinente

Le RGPD raisonne traitement par traitement. Sous-traiter une création ne signifie pas toujours traiter des données pour le client. Le contenu du fichier et les accès effectifs doivent être examinés.

Tâche déléguée Traitement pour le client Suite à prévoir
Article à partir d’un brief sans données de personnes En principe non Vérifier les documents reçus
E-mailing depuis une base client Oui Encadrer la chaîne et les accès
Réponse aux messages d’une page Oui selon la mission Identifier données et intervenants
Maintenance avec comptes ou formulaires Possible ou effectif selon l’accès Qualifier le traitement
Visuel sans fichier de personnes En principe non Réexaminer si la matière change

Quand l’agence intervient comme sous-traitant, le recours à un sous-traitant ultérieur exige une autorisation écrite préalable spécifique ou générale. En autorisation générale, les changements prévus doivent être signalés pour permettre une objection. La confidentialité commerciale ne masque pas l’identité des acteurs concernés.

L’avis 22/2024 du CEPD demande que le responsable puisse disposer à tout moment du nom, de l’adresse et du contact des intervenants de la chaîne. Le premier sous-traitant fournit ces informations de façon proactive et les actualise. Une catégorie vague de prestataires ne suffit pas à rendre chaque acteur identifiable.

Le sous-traité reprend les obligations appropriées de protection des données. L’agence reste pleinement responsable envers le responsable du traitement de leur exécution par le sous-traitant ultérieur. La qualification de sous-traitant RGPD et le questionnaire de la chaîne de sous-traitance aident à documenter ces opérations.

Erreur du freelance : l’agence reste engagée envers son client

Le contrat client définit les obligations de l’agence. Une livraison défectueuse ne change pas l’interlocuteur contractuel parce que le travail venait d’un studio. Le recours de l’agence contre celui-ci suit une relation séparée.

Il faut néanmoins préciser l’engagement en cause. L’agence doit le livrable ou le résultat prévu par son contrat ; elle ne garantit pas automatiquement un résultat économique pour toute prestation marketing. La faute, les dommages et les limitations éventuelles s’examinent selon le régime applicable.

Trois pratiques rendent cette responsabilité maîtrisable :

  • Recette interne : vérifier chaque livraison avant de la présenter sous sa propre marque.
  • Délais concordants : réserver une période de contrôle et de correction avant l’échéance client.
  • Assurance vérifiée : examiner la couverture des travaux confiés à des tiers et les exclusions.

Le droit des données comporte une règle propre de responsabilité du premier sous-traitant envers le responsable. Le recours contre l’exécutant ne suspend pas les obligations envers le client. En présence de la loi de 1975, le défaut d’acceptation peut aussi empêcher l’agence d’invoquer son sous-traité dans les conditions de l’article 3.

Droits d’auteur : faire concorder les deux cessions

L’agence ne peut transmettre des droits qu’elle n’a pas acquis. Le paiement de la facture ne complète pas la chaîne. Les productions protégées exigent des accords écrits adaptés aux commandes identifiées.

Point à comparer Contrat client Sous-traité Écart à détecter
Droits Ce que l’agence promet Ce qu’elle reçoit Droit manquant
Étendue Formats et adaptations Transformations permises Réemploi interdit
Destination Usages du client Usages autorisés Publicité non prévue
Lieu Territoires demandés Territoires acquis Diffusion hors zone
Durée Période promise Période consentie Échéance plus courte
Écrit Engagement identifiable Cession signée Accord incomplet

Les mentions d’une cession de droits doivent correspondre des deux côtés. La cession globale des œuvres futures est prohibée ; les commandes concernées doivent rester identifiables.

Le freelance peut accepter de ne pas être nommé dans un contexte déterminé. Son droit moral demeure inaliénable. Le silence commercial n’efface pas la qualité d’auteur. Il faut traiter séparément la confidentialité, la signature visible et les permissions de modification, sans présenter une renonciation générale comme une sécurité absolue.

Taire l’exécutant et tromper le client : la limite contractuelle

Hors des règles d’acceptation, de commande publique ou de données applicables, il n’existe pas une obligation générale identique de divulgation pour tout achat. La promesse faite au client change toutefois l’analyse. S’il exige une production interne et que l’agence le sait, cacher l’information déterminante peut soulever une question de dol.

L’estimation de la valeur de la prestation n’entre pas dans le devoir d’information de la même manière qu’un fait déterminant. La marge n’est pas à confondre avec une fausse déclaration. Affirmer que tout est produit par ses salariés alors que cette organisation n’existe pas constitue un autre problème.

Les règles de pratiques commerciales trompeuses peuvent concerner des allégations sur l’équipe ou les conditions de production, y compris envers des professionnels. La qualification dépend des faits établis ; aucune décision examinée ne tranche ici le cas d’une agence de marque blanche. Le contrat peut annoncer un recours à des partenaires tout en conservant un interlocuteur unique et des garanties de confidentialité.

Contrat client et sous-traité : aligner les engagements

La comparaison porte sur des obligations exécutables. Une clause identique copiée deux fois peut rester insuffisante si les calendriers ou les pouvoirs diffèrent.

Contrat agence-client Sous-traité agence-exécutant
Faculté et modalités d’acceptation Identité et coopération à la procédure
Liste et changement des acteurs de données Aucun nouveau maillon sans cadre autorisé
Engagements de l’agence Critères de recette et corrections
Droits promis au client Permissions concordantes acquises
Confidentialité et sécurité Instructions, accès et conservation
Conditions de règlement Garantie de paiement si applicable
Organisation et contacts Encadrement par le fournisseur
Continuité de la relation Restriction de détournement à qualifier

Une clause de non-détournement doit être délimitée et justifiée. L’arrêt du 23 septembre 2026 cité dans l’analyse de la non-sollicitation concerne des concurrents : sa portée ne doit pas être étendue automatiquement à toutes les relations agence-freelance.

La vigilance sociale dès le seuil légal de 5 000 euros HT et les documents étrangers se vérifient selon le montage. Les commandes passent par le responsable du studio plutôt que par des ordres directs à ses salariés. Les deux contrats se relisent ensemble, avec un conseil, avant que l’agence promette au client ce qu’elle ne peut encore obtenir.

Présenter les intervenants avant la première livraison

Avant de lancer la production, formalisez l’acceptation et les autorisations applicables. Rapprochez ensuite délais, données et droits des deux contrats. La discrétion de la signature peut subsister lorsque le montage le permet ; elle doit rester compatible avec une information exacte et les obligations d’identification. La Lettre ExternFlow suivra les évolutions utiles aux agences qui organisent cette chaîne.

Sources et références

Cette analyse s’appuie sur la loi du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance, l’arrêt publié du 26 mai 2004 sur une prestation intellectuelle, l’avis 22/2024 du CEPD sur les chaînes de traitement, le RGPD et son article 28, le Code de la commande publique, le Code civil et le Code de la propriété intellectuelle. Les décisions citées ne consacrent pas un régime uniforme de la production marketing en marque blanche.

FAQ - Questions sur la sous-traitance en marque blanche

Une agence peut-elle sous-traiter sans le dire à son client ?

Il faut examiner les obligations applicables au montage avant de promettre le secret. La loi de 1975, les données personnelles, la commande publique et les engagements pris envers le client peuvent imposer une information ou une acceptation.

Que signifie travailler en marque blanche ?

Un exécutant fournit une production commercialisée sous la marque d’une autre structure. Cette organisation commerciale ne supprime pas les contrats et responsabilités de la chaîne.

La loi de 1975 sur la sous-traitance s’applique-t-elle à une agence web ?

Elle peut concerner une production faite sur mesure qualifiée de contrat d’entreprise. Aucune décision examinée ne tranche directement son application générale aux agences web, ce qui demande un examen du montage.

Qui est responsable quand le sous-traitant d’une agence commet une erreur ?

L’agence reste tenue de ses engagements envers le client. Son recours contre l’exécutant est distinct et dépend du sous-traité ainsi que des règles applicables.

Un freelance en marque blanche peut-il se faire payer par le client final ?

L’action directe prévue par la loi exige notamment une acceptation du sous-traitant et une mise en demeure restée sans paiement un mois. Son montant dépend des prestations et des sommes encore dues par le client dans les conditions légales.

La lettre ExternFlow

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Par Setraniaina Andrianajason

Je suis Setraniaina, fondateur de LAPLUME.MG et consultant SEO/GEO indépendant via Red Island SEO, depuis Madagascar. Passionné de nouvelles technologies, d'IA et de marketing digital, je partage sur ExternFlow mes analyses sur l'externalisation, le BPO et le référencement.

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